Créer de l’intimité le jour de la Naissance

« Au bout de neuf mois, explique maman, le bébé est prêt à sortir. La maman se rend à la maternité où un docteur va surveiller que tout se passe bien. Le bébé sort du ventre de sa maman par le vagin. (…) C’est l’accouchement.

Pour les chats ou les éléphants, cela se passe de la même façon. La maman se cache (…) dans un endroit tranquille et attend que ses petits sortent de son ventre. »

L’encyclo de la vie sexuelle pour les 4/6 ans – Hachette Livres

La fille aînée de Léah adorait que sa maman, enceinte de son petit frère, lui lise “L’encyclo de la vie sexuelle pour les 4/6 ans”. Ce livre, clair et bien illustré, l’aidait à se représenter les 9 mois qui passaient, d’imaginer ce que pouvait vivre son petit frère dans le ventre de sa maman, d’en discuter ensemble et de répondre à toutes ses questions.

Mais dans ce passage “Comment naissent les bébés”, la représentation de l’accouchement est terriblement erroné. Elle montre involontairement l’incohérence entre les animaux qui se cachent pour mettre bas… et les humains qui accouchent à la maternité !

Que ce soit dans les films, les journaux et même les livres pour enfants, les femmes sont toujours représentées à la maternité, allongées, entourées d’un grand nombre de personnes du corps médical …

Mais étant nous-même des mammifères, nous avons, nous aussi, besoin de cette intimité, de nous cacher pour donner naissance.

L’Histoire des naissances dans l’intimité

En retournant dans l’histoire, ou à travers le monde, nous retrouvons bien ce besoin d’intimité qu’ont les femmes pour accoucher.

En France, la matrone, puis la sage-femme à partir du 18ème siècle, était présente aux côtés des femmes dans les campagnes, dans la chaleur et l’intimité de leur foyer. Les femmes accouchaient dans la chambre, dans un coin de la pièce principale ou dans l’étable, là où il faisait chaud et sombre.

Déjà en 1758, Angélique Du Coudray, sage-femme, écrivait dans son livre “l’Art abrégé des accouchements”:

« On doit (…) lui demander si elle ne se trouve point gênée par quelque personne présente à l’accouchement, car si cela étoit, il faudroit engager à sortir la personne qui la gêne: la peine causée par la vue de quelqu’un, peut lui faire retenir les douleurs, et l’exposer à quelque danger.   (…) 

On ne doit point mettre la femme à découvert, comme plusieurs le font, si l’on ne rougit point de l’indécence qu’il y a de la laisser ainsi nue, exposée à la vue des spectateurs, on doit au moins la cacher avec soin pour garantir ses parties de l’impression du froid, qui pourront lui être préjudiciable. (…) »

La Nativité – Walter Rane
Accouchement d’une Femme grecque de l’Archipel –
Tardieu l’aîné -18ème siècle
Une Naissance au 19ème siècle

Mais dès le milieu du 20ème siècle, les femmes sont incitées à accoucher dans les maternités.

Elles bénéficient des nouvelles techniques en cas de complication et d’une meilleure hygiène, mais au détriment de l’intimité, de la transmission des autres femmes de la famille et de la liberté de mouvements (la position accroupie étant considérée comme trop animale).

L’arrivée de l’analgésie péridurale à la fin des années 70, puis des avancées médicales, diminue encore leur liberté. Il est plus facile pour le médecin d’intervenir sur une femme en position allongée, anesthésiée, avec une bonne luminosité.

Les protocoles remplacent peu à peu le savoir ancestral du déroulé normal de la naissance, la taille des maternités grandit et le temps passé par le personnel médical auprès des femmes diminue entraînant encore plus de médicalisation.

Dans d’autres cultures, on retrouve ce besoin de calme et d’intimité. Les sages-femmes inuit chuchotent à l’oreille des femmes qui accouchent. En Amérique latine, la tradition veut que la femme sur le point d’accoucher se mette dans le noir, calfeutre portes et fenêtres et chauffe la maison pour assurer sa sécurité, sa tranquillité, et se préserver des mauvais esprits.

Aujourd’hui, un vent nouveau souffle sur la naissance. 

Les femmes souhaitent se réapproprier la naissance, et le personnel médical commence à suivre cette tendance. Certaines femmes choisissent d’accoucher chez elles ou en maisons de naissance, accompagnées par une sage-femme, mais cela n’est pas possible pour tout le monde (éloignement géographique, pas de personnels ou de maison de naissance à proximité, raisons médicales…).

Mais la médicalisation et le manque d’intimité n’est pas une fatalité à l’hôpital. Dans cet article, je te propose de comprendre pourquoi et comment recréer les conditions d’un accouchement intime, même à la maternité.

Commençons par dresser le portrait d’une inconnue qui te veut du bien: l’Ocytocine.


L’ocytocine et l’accouchement

L’ocytocine hormone du bonheur

Vice Versa – Joie (Disney ®)

J’aime bien prendre l’image du film d’animation “Vice-versa” dans lequel on rentre dans le cerveau de Riley, jeune fille de 11 ans. On y découvre ses souvenirs et les émotions qui y sont reliés. Lorsqu’elle est heureuse, qu’elle se sent bien, en sécurité, c’est le personnage-émotion de “Joie” qui prend les commandes.

Vice Versa – Tristesse, Peur, Colère et Dégoût (Disney ®)

Mais s’il se passe quelque chose qui lui fait peur, l’attriste, la met en colère, les autres personnages-émotions, “Peur”, “Tristesse”, “Colère”, “Dégoût”, prennent le relais!

Imagine ce “Centre de commande” à l’intérieur de ton propre cerveau, voici ce qu’il te dirait:

Lorsque tu se sentirais heureuse, en sécurité, ce serait Joie qui serait aux commandes. Elle appuierait sur le bouton de libération de l’hormone naturelle, l’ocytocine, aussi appelée hormone de l’amour.

En effet, ton corps sécrète cette hormone lorsque tu aimes, que tu te sens aimée, dans tes rapports amoureux ou tout autre geste de tendresse. Sa sécrétion se diffuse dans tout ton corps et te permet de te sentir encore plus heureuse, plus détendue, plus aimée. Un merveilleux cercle vertueux.

Tu accouches comme tu fais l’amour

L’ocytocine jouera aussi un rôle lors de la naissance. Elle permettra la contraction du muscle utérin et cette contraction poussera sur le corps de ton enfant.

Sa tête appuiera alors sur le col, favorisant sa dilatation, puis sa il descendra dans le bassin jusqu’à sa naissance.

Pour te préparer à ce grand moment, les récepteurs à ocytocine augmenteront au niveau de ton utérus tout au long du 3ème trimestre de la grossesse. Cette augmentation se fera grâce à l’effet des hormones, mais aussi grâce aux gestes tendres, à la sensation d’amour et de bien-être.

L’ocytocine est donc une hormone de l’intimité. Elle est là lors de tes rapports affectueux, amoureux et lors de la naissance de ton enfant.


Ocytocine et stress

« On ne peut aider un processus involontaire ; on peut seulement éviter de trop le perturber ».

Michel Odent, Le bébé est un mammifère

Or, notre cerveau est aussi conditionné pour agir en cas de danger.

Revenons un instant au temps des hommes préhistoriques: si un prédateur arrivait pendant la naissance, on peut imaginer que c’était le personnage de “Peur” qui prenait les commandes. Il coupait ainsi la sécrétion d’ocytocine, et favorisait la sécrétion d’adrénaline, hormone naturelle du stress. Ce réflexe permettait à la femme de s’enfuir pour rester en vie.

Aujourd’hui, ton centre de commande fonctionne toujours de la même façon.

Une porte qui s’ouvre, une lumière trop forte, le froid, des questions ou des gestes invasifs, une position imposée, la mise en place d’hormones de synthèse agissent comme un stress, et c’est “Peur” qui prend les commandes.

Même s’il n’y a plus besoin de fuir, cela arrête la sécrétion d’ocytocine, libère de l’adrénaline: ce processus stoppe les contractions et donc l’avancée du travail.

C’est pourquoi la vidéo ci-dessous est si juste: elle reprend la comparaison de l’accouchement et du rapport amoureux, deux moments intimes qui ont besoin de l’ocytocine. Elle nous permet de comprendre à quel point le processus médical agit comme un stress pour le cerveau, coupant la production d’ocytocine et entraînant la sécrétion d’adrénaline.

La Performance – FreedomForBirth

Cette compréhension est primordiale: Chaleur, obscurité, intimité favorisent la production d’ocytocine et donc le déroulement naturel, efficace de la naissance.

Ainsi, en créant les conditions intimes à l’hôpital, tu parviendras à lâcher-prise, te sentir en sécurité, entrer dans un autre état de conscience, favoriser la libération d’ocytocine et laisser faire ton corps qui a le secret de la naissance.

Même si l’hôpital semble froid et impersonnel, nous allons voir maintenant comment tu peux re-créer facilement un cocon confortable et personnalisé.


S’installer pour se sentir “chez-soi” à la maternité

Dès l’arrivée à la maternité, avec l’aide de ton conjoint, tu peux rapidement te sentir “comme chez toi” et protégée:

Commence par installer un coin douillet en mettant une vieille couverture, un drap et 1 ou 2 coussins par-terre. Ainsi, si tu as envie de te mettre à quatre pattes, accroupie ou dans tout autre position parterre, ce ne sera pas sur un sol dur et froid mais sur un drap propre, qui contient ton “microbiote” personnel (Le microbiote c’est l’ensemble des micro-organismes (bactéries) qui ont colonisé ton corps et avec lesquels tu cohabites).

Installe un coin encore plus intime, comme une tente, pour te cacher des regards des autres et ne pas te sentir observée. Tu peux ainsi tendre un autre drap, avec quelques pinces à linge, et l’utiliser comme une tente. Te mettre sous une tente, comme lorsque tu étais enfant, va t’aider à te sentir en sécurité, dans ton intimité. Cela t’aide à “débrancher ton cerveau”, ton néo-cortex, et à plonger au plus profond de toi-même. Dans cet état, tu vas suivre tes réflexes instinctifs, comme prendre les positions que tu souhaites et qui te soulagent, entrer dans ta bulle, dans un autre état de conscience, sans te sentir observée.

Installer un coin intime facilement avec quelques accessoires

Comme sur le dessin ci-dessus, tu peux installer ta tente entre le lit – que l’on peut monter ou baisser-, le “fauteuil du papa”, la barre de suspension du “lit d’accouchement”…

Certaines salles de naissance dites “natures” ou “Physiologiques” disposent même d’un tissu attaché au plafond, avec lequel tu peux te suspendre mais aussi te créer cette petite tente autour du lit ou de la baignoire. Te mettre dans la baignoire peut également renforcer ce sentiment d’intimité.

Salle nature de la maternité d’Angers
Tissus accrochés au plafond pour se suspendre ou à ouvrir pour le transformer en “tente”.
(Salle nature de la maternité d’Angers)

Mets la playlist de Naissance que tu as choisie et enregistrée sur ton smartphone par exemple. Des musiques douces et relaxantes, mais aussi quelques musiques entraînantes si tu en ressens le besoin. Peut-être auras-tu finalement envie de silence pour entrer en toi-même, mais tu pourras changer selon tes envies.

Garde la chaleur de la pièce: la chaleur détend, apaise, favorise la sécrétion d’ocytocine, comme un bon bain chaud. L’idéal est d’avoir une petit chauffage portatif, mais une couverture supplémentaire à mettre sur ton dos, des grosses chaussettes au cas où  peuvent aussi faire l’affaire. (Méfie-toi de la climatisation en été ou du froid que l’on peut ressentir au petit matin!)

Baisse au maximum la lumière de la pièce et dispose si tu le souhaites des bougies-led ou une veilleuse sans fil pour recréer une ambiance tamisée. Bien que les vraies bougies soient plus belles et apportent une autre énergie, il est impossible d’en apporter à l’hôpital. Mais des bougies-led ou une veilleuse peuvent être utilisées pour recréer cette ambiance.

Dispose à côté de toi un ou deux cadres avec des phrases et des images inspirantes pour te re-booster et rester focus sur ton objectif!

Le père, gardien de l’intimité

Dès l’arrivée à la maternité, ton conjoint peut prendre sa place. Il peut expliquer le projet de naissance, défendre les convictions de ton couple, limiter aux maximum le nombre d’intervenants et les interventions.

Cela t’aide à te sentir pleinement en sécurité et à ne pas activer le personnage “Peur” de ton centre de commande. Ton conjoint sera une présence rassurante, qui “garde l’entrée” de la chambre de naissance.

Accouchement d’Alcmène – Gustave-Joseph Witkowsky –
L’Accouchement dans les beaux-arts

Il peut t’aider avec des massages, des gestes tendres, qui favorisent la sensation d’amour, de bien-être et de sécurité, et donc la sécrétion d’ocytocine.

Mais il peut aussi “ne rien faire”, pour être une présence réconfortante, à tes côtés, comme un “phare dans la tempête” et te laisser entrer dans cet autre état de conscience qui favorise la naissance.

Comme le dit Michel Odent, il est préférable que ton conjoint évite de te regarder dans les yeux pour préserver ton intimité:

“C’est comme si, alors que sa femme est prête à changer d’état de conscience, l’homme disait : « Reste avec moi. » Le croisement des regards est un puissant moyen de communication entre humains. Il ne faut pas retenir sur notre planète une femme qui est prête à couper toute communication. L’homme qui s’installe en face de sa femme est à la fois dans une position d’observateur et dans une position de contrôle, prêt à suggérer telle ou telle position, ou telle ou telle façon de respirer.”

Michel Odent, le bébé est un mammifère

Plus ton conjoint est calme, serein et heureux, plus il sécrète lui aussi de l’ocytocine, plus tu en bénéficieras, grâce aux neurones-miroir: Tout comme une personne stressée, en colère va activer le stress et la peur chez l’autre, une personne calme et sereine active le calme et la sérénité chez l’autre.

Tous ces éléments vont te permettre de personnaliser la salle de naissance. Te sentant comme chez toi, en sécurité, tu pourras vraiment te concentrer sur tes ressentis et ce que tu es en train de vivre.


Utiliser les outils hypnotiques pour une naissance intime

Certains outils hypnotiques aident, en plus de l’environnement mis en place, à se sentir en sécurité.

Comprendre la futurisation

Avant la naissance, tu peux imaginer comment ton accouchement va se dérouler, par rapport à ce que tu souhaites: Une salle agréable, une sage-femme et tout le personnel hospitalier bienveillant et à l’écoute de tes besoins, l’accès à la “salle nature”, etc… N’hésite pas à imaginer de nombreux détails comme l’heure de la journée ou de la nuit, la musique que tu entends, la couleur des murs… Laisse faire ton imagination!

On appelle cela ‘l’activation réticulaire”,  “Loi d’Attraction” ou “Pensée positive”: lorsqu’on se focalise sur une idée, elle se manifeste dans le monde.


Visualiser ta Bulle

Lorsqu’une femme accouche, elle “débranche son cerveau”, “part dans sa bulle”, dans cet autre état de conscience. La visualisation de la bulle peut donc t’aider à partir dans cette bulle lorsque les conditions extérieures viennent la perturber.

Imagine que ton coeur émet des rayons, qui se diffusent tout autour de ton corps et forment ainsi une bulle protectrice. Une bulle à la fois  transparente, lumineuse. Cette bulle te protège. Imagine qu’elle est tellement solide que tu peux même voir les pensés négatives, qui viennent de l’extérieur, rebondir, ricocher sur cette bulle.

Et à l’intérieur de cette bulle, imagine la lumière qui rayonne à partir de ton coeur, et qui se propage à l’intérieur de tout son corps, qui lui permet de te détendre, de te sentir calme, sereine et positive. Et toutes ces belles pensées emplissent ta bulle de bien-être.

La visualisation de la Bulle permet vraiment de te sentir en sécurité. De plus, elle diminue l’impact de l’adrénaline du personnel hospitalier qui peut se transmettre via les neurones-miroir.


Visualiser ton lieu Ressource

La visualisation du lieu ressource te permet d’imaginer que tu es dans un lieu de bien-être, un lieu imaginaire ou que tu aimes particulièrement, et dans lequel tu te sens en toute sécurité. Ainsi tu peux “voyager”, à ton rythme, dans ce lieu confortable.

Ainsi tu peux imaginer que tu es au bord de l’eau, sur la plage, à côté de la grande maison familiale dans laquelle tu as passé tous tes étés depuis que tu es petite par exemple. Tu imagines la mer, la couleur de l’eau, du ciel… Tu entends et vois les mouettes jouer avec les vagues… Tu sens le sable chaud sous tes pieds, les rayons du soleil qui réchauffent ta peau… Tu peux ainsi partir dans ton imaginaire.

Cette visualisation peut t’aider à te sentir en sécurité, mais aussi à passer à travers la sensation des contractions qui accompagnent le travail, grâce à cette technique hypnotique de “dissociation”. En effet, cette visualisation permet aussi la sécrétion d’endorphines, hormones anesthésiantes, qui réduisent la perception de la douleur.

Si cela est trop difficile à imaginer toi-même par moment, ton conjoint peut prendre le relai et t’accompagner par la voix dans ces visualisations. 

Cette intimité permet de favoriser la production d’ocytocine et donc le déroulement naturel de la naissance.


Eviter la sécrétion d’adrénaline

Pendant le travail, certains moments peuvent-être des source de stress en diminuant le sentiment de sécurité.

“Une fois arrivée à la maternité, j’ai perdu pied, alors que tout allait bien jusque là”

L’arrivée à la maternité peut souvent être perçu comme stressant et sans fin pour une femme en travail. En effet, la femme perd ses repères, se sent vulnérable. C’est le moment où elle va se retrouver dans une salle très éclairée, le personnel va lui poser des questions, proposer des gestes techniques (pose de monitoring, de perfusion…). Elle peut aussi ressentir le besoin d’être “prise en charge” par l’équipe médicale pour plein de raisons: peur de ne pas y arriver, douleur qui augmente à cause de l’environnement stressant… C’est vraiment un moment délicat et la visualisation de la bulle peut vraiment aider à se sentir en sécurité, ainsi que l’intervention de l’accompagnant pour répondre aux différentes questions du personnel et limiter les gestes médicaux. L’accompagnant pourra également recréer le cocon dès l’arrivée dans la salle de naissance comme nous l’avons vu.

“Allez marcher dans le couloir”!

Cette proposition du personnel hospitalier peut sembler intéressante à première vue. Car en effet, cela peut parfois favoriser les contractions grâce au mouvement. Le problème est que la femme “fait les cent pas” dans un couloir froid, sans âme et très éclairé. Nous sommes bien loin des conditions optimales pour favoriser la production d’ocytocine et donc des contractions. Cela peut fonctionner dans certains cas, par exemple la nuit lorsqu’il y a peu de monde, qu’il y a la possibilité d’aller marcher dans le jardin de l’hôpital, etc… Mais si cela ne fonctionne pas, il vaut mieux trouver un endroit pour recréer son intimité, à l’abri!


Le cas où l’adrénaline devient notre amie

  • “Je suis arrivée juste à temps, 5 minutes plus tard et c’était trop tard!”

Je ne compte pas le nombre de femmes qui m’ont dit cette phrase (surtout pour un deuxième enfant). Il est intéressant de voir que la plupart des femmes qui accouchent très vite se retiennent, et ne donnent naissance qu’une fois arrivées dans la salle de travail.

Ne faut-il pas voir là l’intervention de l’adrénaline?

Je pense que la peur d’accoucher dans la voiture agit comme la vision de la bête féroce des hommes préhistorique: elle coupe la sécrétion d’ocytocine, au profit de l’adrénaline cette fois-ci, pour lui donner le temps de se trouver dans un lieu en sécurité pour accoucher.


Le jour de la naissance, tu peux mettre en pratique tous ces conseils pour préserver ton intimité. Ainsi la quasi obscurité, le fond de musique douce, la présence rassurante de ton conjoint rappellent instantanément au personnel de faire attention lorsqu’il rentre dans la pièce, de parler bas, de se déplacer doucement, de mesurer ses gestes. Cela est bénéfique pour ne pas perturber le processus et permettre un accouchement physiologique.

Ton compagnon peut également veiller à garder cette intimité après la naissance, pour permettre la forte libération d’ocytocine qui est sécrétée juste après la naissance. C’est ce pic d’ocytocine qui renforce l’attachement entre les parents et leur enfant, favorise la mise en place de l’allaitement et le décollement, la sortie du placenta et la bonne rétraction de l’utérus.

Nous pouvons faire de l’hôpital un lieu sécuritaire, plus intime et chaleureux pour donner naissance. En étant bien préparée, avec un accompagnant qui nous aide à préparer notre cocon et qui peut nous guider tout au long du travail si nous en ressentons le besoin.

Je sais que les femmes qui souhaitent accoucher naturellement peuvent parfois faire peur au personnel hospitalier, car elles bousculent leurs habitudes et leurs protocoles. Mais je suis persuadée que les sages-femmes, garantes de la physiologie, seront ravies de vous accompagner et de vous soutenir dans cette démarche. Ce qui leur fait défaut c’est le temps, donc soyez autonomes, et elles vous soutiendront pour vivre la naissance dont vous rêvez.

Pour être autonome et gérer la douleur le jour de la naissance, tu peux commencer en téléchargeant mon guide “Apprends l’hypnose en 5 étapes pour accoucher sans péridurale”.

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