294 jours, pas plus…

– Surveillance de la femme enceinte –

Règle n°1: A terme tu accoucheras

Règle n°2: Si non accouchée à terme, surveillée puis déclenchée tu seras…

“Alors??? Toujours rien?”

Son téléphone n’arrêtait pas de sonner. Lisa répondit pour la énième fois à sa mère que non, elle n’avait toujours pas accouché. Elle était toujours enceinte, son enfant bien au chaud dans son ventre.

En même temps, il avait raison cet enfant! Dehors il faisait un temps épouvantable, un vent à décorner les bœufs. Il pleuvait des hallebardes et la digue sur laquelle elle aimait aller se promener était inaccessible à cause des tempêtes qui se succédaient. En ce mois de février, on était vraiment au creux de l’hiver, comme son enfant était au creux de son ventre.

“Si ça continue, tu vas accoucher demain, le 29 février, et on ne pourra lui fêter son anniversaire que tous les 4 ans!” Lui avait claironné son père, hilare.

Ca ne faisait pas rire Lisa. Sa date prévue d’accouchement, ou DPA, était pour le 1er Mars. Elle était sûre d’accoucher avant le terme, 15 jours avant, mais ça n’avait pas été le cas.

En effet, la nature est farceuse, et personne ne peut prédire avec précision la date de naissance de son enfant.

Il y a deux raisons à cela :

D’une part, la date prévue d’accouchement est une estimation, la date de fécondation pouvant être imprécise. D’autre part, la durée d’une grossesse varie d’une personne à l’autre en fonction de facteurs génétiques. Et d’un pays à l’autre, la durée médicalement estimée varie : entre 280 et 294 jours à partir du premier jour de la date des dernières règles, soit 40 à 42 SA (42 semaines d’aménorrhée).

À l’hôpital, en France, si la grossesse de Lisa est prolongée au-delà de 41 SA, l’équipe médicale mettra en place une surveillance plus rapprochée (monitoring, échographies…). Si le terme est dépassé (au 294ème jour, soit 42 SA), l’accouchement sera déclenché.

Ce scénario inquiétait Lisa. 

Elle savait que cela lui laissait encore une semaine maximum pour que la naissance se déclenche naturellement, mais l’idée d’un déclenchement ou d’une césarienne l’effrayait. Elle tenait tant à accoucher naturellement.

Lisa reprit le calendrier, dans lequel elle avait noté ses dernières règles. Elle était quasi sûre d’elle, le terme était le 4 mars…  3 jours de plus que la “DPA” prévue… Elle était bien décidée à en parler avec la sage-femme si elle n’avait pas accouché le 1er mars.

Quelques jours de plus à attendre. Mais elle n’en pouvait plus. Elle caressa son ventre, et sentit sa fille bouger. Elle pris un moment de pause pour lui parler, pour imaginer leur rencontre, la douceur de sa peau, son regard, ses petites mains et les câlins qu’elle pourrait partager, bientôt…

Quand allait-elle enfin la tenir dans ses bras !

Pourquoi ne se “mettait-elle pas en route”?

Comment les contractions arrivent et deviennent régulières

La science n’est pas très avancée à ce sujet. Tout ce qu’on sait… c’est qu’on ne sait pas exactement comment l’accouchement se déclenche! Un peu comme on ne sait pas qui de l’œuf ou de la poule est arrivé en premier!

Est-ce que ce sont les enzymes présentes dans les poumons de l’enfant qui sont rejetées dans le liquide amniotique lorsque les poumons sont “mûrs”, et qui aideraient à la maturation du col?

Est-ce la sécrétion de plusieurs hormones de la mère (ocytocine et prostaglandines) en fin de grossesse qui permet de faire maturer le col et qui déclencherait les contractions?

Le mécanisme de sécrétion d’ocytocine qui entraîne les contractions utérines semble complexe. Pourtant, le corps humain sait ce qu’il a à faire. Tout comme il sait faire battre ton cœur ou régénérer tes cellules. Tout comme ton corps a su comment faire grandir ton enfant pendant 9 mois.

Lorsque l’accouchement se fait attendre, la clé va donc être de faire confiance à ton corps. 

Et donc de lâcher prise.

Si c’était aussi simple de lâcher-prise, on le ferait toutes… Alors pourquoi est-ce si compliqué?

Lorsque tu approches du terme, tu as à la fois hâte et peur d’accoucher. Tes pensées s’entremêlent et tu te sens perdue. Tu appréhendes les éventuels imprévus. Tu imagines le meilleur comme le pire. A cela s’ajoute la pression extérieure, la surveillance médicale après 41 SA et la peur d’être déclenchée. Un compte à rebours qui peut te mettre à rude épreuve. 

Tu as tellement envie de pouvoir contrôler ce qui t’échappe, et vivre enfin l’accouchement que tu imagines depuis plusieurs mois.

Pourtant, tu ne peux pas tout contrôler.

Il est important de savoir ce sur quoi tu peux agir, pour te concentrer sur ce qui dépend vraiment de toi.

Je te propose maintenant de découvrir ce sur quoi tu peut te focaliser et agir à l’approche du terme. Cela va t’aider à ne pas t’accrocher à ce qui ne dépend pas de toi, à lâcher-prise.

Ainsi tu pourrais faire confiance à ton corps et à ton esprit pour déclencher la naissance au moment qui sera le plus juste pour ton enfant et pour toi.

Accueille tes peurs avec amour

Au fond, quelque part, il y a ces questions :

“J’y vais, ou j’y vais pas ? 

Je plonge, ou pas?

Que peut-il se passer de mal, de mauvais?

Qu’est-ce qui me fait hésiter?

Est-ce que je serai prête?

ET que va-t-il se passer?

Mon enfant va-t-il trouver le bon chemin?

Comment mon corps va-t-il réagir?

Et moi, comment je vais réagir?

Quelque part, à l’intérieur de toi, c’est comme s’il faisait nuit. Une nuit noire. La peur de l’inconnu. Et là tu te sens si petite, au creux de la nuit, comme si tout pouvait te tomber dessus, sans raison aucune.

Tu sens ton corps qui laisse le champ libre aux émotions, aux vieilles peurs, à ce qu’on imagine, ce qu’on ignore, aux images qui impressionnent depuis des millénaires.

Et si tu commençais par accueillir tes doutes, tes peurs les plus profondes? Celles que tu retiens, comme un barrage, prêt à craquer… Imagine qu’au fond de cette nuit noire, tu allumes une torche. Une torche pour éclairer tes peurs tapies dans l’ombre et les faire apparaître sur le mur d’une grotte. Pour faire apparaître ces peurs ancestrales et parler directement à ton inconscient.

Pour accueillir ces émotions, ces peurs, ces doutes, je te propose de prendre 3 feuilles de format A4.

Sur la première feuille, dessine ou écris ce qui te passe par la tête, ce qui te fait peur, qui t’empêche de lâcher-prise. Cela n’a pas besoin d’être de l’art. C’est juste pour toi. Lâche toi! Laisse toi guider par ce que tu ressens, là, au creux de ton ventre. Même si c’est brouillon, laisse faire et fais-toi confiance! Laisse les émotions monter si c’est le cas et accueille-les avec amour.

Sur la deuxième feuille, dessine ce que tu souhaites pour cette naissance. N’hésite pas à mettre des détails, note des mots qui t’inspirent.

Imagine dans les moindres détails le travail et la naissance: imagine ce que tu vas faire, quelle musique tu vas écouter, quels gestes tu vas faire, quels vêtements tu vas porter, dans quel lieu tu vas t’installer.

Ressens ton corps, imagine le chemin que ton enfant va faire. Aujourd’hui, demain, dans quelques heures.Connecte-toi avec ton enfant et dessine ce que tu ressens.

Dis-lui que tu es prête à l’accueillir, que tu lui fais confiance pour venir au moment juste pour lui. Ressens son corps qui bouge à travers ton ventre, le liquide qui l’entoure. Accueille ce moment qui arrive bientôt.

Et enfin, place la troisième feuille entre les deux autres feuilles, et dessine “le chemin” entre les deux, le chemin qui te permet de passer de tes peurs à ce que tu souhaites. Même si tu ne connais pas toute la route, dessine-là telle que tu l’imagines. 

Maintenant, contemple ce que tu viens de faire. Ressens le chemin que tu viens de dessiner et à travers lequel tu vas pouvoir passer. Un pas après l’autre.

Et dis toi “Ok, J’y vais.” J’ai peur ET je choisis d’y aller. Cela s’appelle le courage.

Ce chemin, cet inconnu, c’est celui que tu vas parcourir, ta transformation intérieure vers la naissance de ton enfant, mais aussi de toi-même en tant que mère.

Le chemin qui te guidera de la nuit à la naissance. Et sur lequel tu ne seras pas seule. Ton enfant et ton conjoint seront là, avec toi, tout au long du chemin. Ensemble, vous formez une équipe formidable.

Ne confonds pas lâcher-prise et baisser les bras

J’ai envie de te partager un de mes souvenirs.

C’était une belle fin d’après-midi, au mois de Juin. Il faisait bon. J’attendais un ami, et j’étais assise sur les marches de l’Opéra Bastille. Je ne sais plus comment, j’ai engagé la conversation avec un danseur américain, qui était assis là également. Nous avons discuté (dans un anglais approximatif pour ma part) et je ne sais plus pourquoi nous avons parlé du lâcher-prise dans la danse.

Et il m’a expliqué simplement:

“Lorsque tu tiens un objet dans ta main, tu peux soit:

  • Garder la main fermée et tenir l’objet fermement
  • Tourner ta paume de main vers le sol et laisser tomber l’objet
  • Ou laisser ta main s’ouvrir autour de cet objet, la paume vers le ciel, comme une fleur qui s’ouvre. Pour moi c’est cela le lâcher-prise.”

Cette démonstration simple et puissante m’a beaucoup touchée et m’aide souvent à avoir un autre regard sur ce que je fais, à lâcher prise.

Souhaites-tu essayer ? 

Imagine ce que tu souhaites au creux de ta main – ce que tu as dessiné par exemple, ou autre chose – et laisse ta main s’ouvrir, comme une fleur… Tu le tiens, mais tu ne peux pas le contrôler. Tu le laisse juste s’épanouir, comme une rose fraîche…

Concentre-toi sur ce qui va bien

Dans les moments de doutes, on a souvent le regard rivé sur ce qui ne se passe pas comme on le souhaiterait.

Et si tu changeais ton regard, pour voir tout ce qui va bien autour de toi ?

Si cela te fait du bien, va te promener, danse, chante, dessine, prends des photos, repose-toi, passe de bons moments avec ceux que tu aimes… 

Fais ce que tu apprécies! 

Profite de ces instants, rien que pour toi.

Faire ce que tu aimes aura deux autres effets bénéfiques:

  • Augmenter la sécrétion d’ocytocine, hormone de l’amour et de l’accouchement
  • Faire monter tes vibrations et tes pensées positives, et attirer à toi ce qui est bon pour toi, ce que tu désires.

Et imagine comment tu te souviendras avec tendresse de ces dernières journées d’attente dans quelques années…

Concentre-toi sur le moment présent

Nous sommes dans une société du “Tout tout de suite”. Et il n’est pas simple d’accepter de prendre le temps, d’attendre que les choses arrivent. De laisser du temps au temps. Et d’en profiter.

Je te propose 2 outils qui aident à se recentrer sur le moment présent:

  • Imagine que tu es dans une bulle. Une bulle de bien-être, protégée, hors du temps. Et à l’intérieur de cette bulle il n’y a que des choses belles et positives. Regardes, imagines toutes les belles choses qui t’entourent et qui t’emplissent de joie. Profite de ces instants, de ce temps suspendu. Ressens ce qui est juste pour toi.

Et rien ne peut entrer dans cette bulle. Laisse tout le négatif, les paroles négatives, les doutes ou les tensions des autres personnes, ricocher contre les parois de ta bulle protectrice…

  • Pratique la cohérence cardiaque est une pratique simple et très efficace. 

Concentre-toi sur ta respiration. Inspire et laisse ton souffle sortir comme si tu soufflais sur la flamme d’une bougie sans l’éteindre. Refais le plusieurs fois, tranquillement. 

Puis concentre-toi sur ton coeur qui bat. Boum boum, boum boum, boum boum. Imagine que ton coeur est comme un gros ballon, un gros coeur rouge qui se gonfle à l’inspiration et se dégonfle lorsque tu souffles. Visualise-le. 

Tu peux retrouver les détails sur la cohérence cardiaque dans le guide “Apprends l’hypnose en 5 étapes pour accoucher sans péridurale”.

Et enfin, quelques “Trucs de Mamie Zen” pour préparer l’utérus et déclencher le travail

Infusion de feuilles de framboisier:

Cette infusion peut être prise à partir de 37 SA. Elle ne déclenche pas mais aide à tonifier l’utérus en vue de l’accouchement. 

Infuser 1 caS de feuilles de framboisier dans une tasse d’eau bouillante

3 fois par jour

Infusion de feuilles de Sauge:

Cette infusion peut être prise à partir de 40/41 SA. Elle aide à diminuer la production de progestérone, hormone qui maintient la grossesse et peut déclencher le travail pour certaines femmes.

Elle a été utilisée pendant longtemps pour provoquer des fausses couches.

Infuser 1 cac de feuilles de sauge dans une tasse d’eau bouillante

3 fois par jour

Pendant 3 jours maximum

A savoir: La sauge peut également couper la lactation. Je conseille donc de la prendre pendant 3 jours maximum. Si la sauge est efficace, l’accouchement se déclenche dans les 3 jours. Si ce n’est pas le cas, c’est que tu n’y es pas sensible.

J’ai personnellement utilisé la sauge pour mon deuxième accouchement, j’ai accouché dans les 48h et j’ai eu une montée de lait très rapide.

Tu trouveras ces infusions en pharmacie, magasins bios ou… dans la nature ou les jardins! N’hésite pas à demander à tes voisins!


Tout comme ton coeur bat, tes poumons se gorgent d’oxygène et ton sang circule dans tous tes organes, il y a en toi cette zone où la nature a tous ses droits. C’est celle de la naissance. C’est pour cela que la naissance est si mystérieuse et si belle. Car à cet endroit, il faut lui faire confiance et se laisser aller. Accueille ce temps qui précède la naissance. Laisse le courant t’entraîner pour passer la porte de la naissance.

Lâcher-prise, c’est arrêter de résister.

Lâcher-prise c’est accepter ce qui se fait attendre.

Lâcher-prise c’est accepter également que c’est aussi l’enfant qui décide quand il est prêt à naître.

“Le pop corn est préparé dans le même bol, à la même température, dans la même huile et pourtant les grains n’éclatent pas au même moment.”

Ne compare pas ton enfant aux autres, son temps de naître viendra!

Tu as maintenant toutes les cartes en main pour vivre ce moment, ce temps suspendu, faire confiance à ton corps et “plonger dans le grand bain”.

Télécharge mon guide “Apprends l’hypnose en 5 étapes pour accoucher sans péridurale”. Tu y trouveras une explication détaillée de la cohérence cardiaque, mais aussi une visualisation hypnotique qui aide à gérer la douleur mais aussi à se détendre pour lâcher-prise et profiter de ce qui est.

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